SIGNED COPIES
Dobo 도보 : ce mot coréen désigne la marche à pied, cette façon de se déplacer au rythme de ses propres pas. C'est par cette lenteur qu'Adrien a exploré la Corée du Sud, armé d'appareils argentiques et d'un refus du numérique. En ces villes où les anciennes murailles cohabitent avec les tours de verre, il a marché sans itinéraire, se laissant porter par le hasard. À Jeju, il a rencontré les Haenyeo, ces pêcheuses en apnée qui plongent chaque jour malgré leur soixantaine, perpétuant une technique ancestrale avec du matériel de fortune. En elles résidait une forme de résistance silencieuse face à un monde qui change trop vite.
Ces photographies capturent l'équilibre fragile entre hier et demain, entre la mémoire et le mouvement. Chaque image porte la trace d'une attention plus rigoureuse, d'une lenteur retrouvée. L'argentique impose cette discipline : photographier moins force à regarder davantage, chaque déclenchement devient une décision. Cette démarche l'a conduit jusqu'à la chambre noire, pour garder un lien charnel avec ses images, du négatif à l'épreuve finale.
Ce travail l'a ramené à l'essence même de la photographie : le geste, l'attention aux choses, cette capacité à fixer les instants suspendus. Son voyage coréen interroge ce qui résiste, ce qui persiste quand tout s'accélère. Les fragments qu'il rapporte sont des bribes de cet équilibre—des femmes qui plongent, des rues où se nouent tradition et modernité, des moments de retenue que la hâte oublie.