À Bruxelles, certaines rues semblent contenir plus que ce qu’elles montrent. C’est dans ces espaces souvent négligés que prend place BRRRRXL, où Mathieu Van Assche transforme la ville en territoire de déambulation. À travers ses photographies, les façades assombries, les places désertées et les avenues figées deviennent le cadre d’un récit discret, presque souterrain, comme si la ville elle-même invitait à une autre manière de la parcourir.

C’est alors que surgissent les monstres. Des silhouettes dessinées, souples et vaporeuses, qui se déposent sur l’image comme des visiteurs inattendus. Ils ne perturbent rien, ne cherchent pas à s’imposer : ils errent. Ils se logent dans un recoin d’architecture, longent un trottoir, s’étirent au-dessus d’un pont. Leur présence modifie la perception de la scène, déplaçant l’équilibre du réel vers une zone où l’imaginaire prend appui sur la photographie sans jamais la recouvrir.
De cette rencontre naît un mouvement, une marche à deux niveaux : la ville dans sa densité, son poids, ses silences, et ces créatures qui la traversent comme si elles en révélaient une couche invisible. On ignore leur origine, leurs intentions ; on les sent simplement prises dans le même flux que nous, à la recherche d’un passage, d’un souffle, peut-être d’une raison d’être là. BRRRRXL devient alors le récit d’une errance partagée, d’une cohabitation entre ce qui est vu et ce qui se devine, où le dessin ne sert pas à embellir l’image mais à ouvrir la ville — à la déplier, à la réinventer, à la laisser raconter ce qu’elle retient d’ordinaire dans ses ombres et ses vides.