Il n’y a pas de titre, parce qu’il n’y a rien à contenir.
Text in English and French inside
Le livre d’Émilie Orengo s’ouvre comme un souffle : sans promesse ni destination, mais avec la simplicité d’un espace offert. Ce vide n’est pas un manque ; il est une ouverture qui laisse circuler ce qui échappe et ce qui pourrait advenir.
Page après page, le rien dissout tandis que le vide accueille. L’un efface, l’autre révèle. Leur proximité crée une zone sensible, un lieu où les apparitions se font possibles. C’est dans cette oscillation que naît l’ensemble : un territoire sans frontières, un mouvement sans début ni fin, où l’image cesse d’expliquer pour inviter à traverser.
Il ne s’agit pas d’un récit linéaire, mais d’un chemin à explorer. Les photographies se répondent comme des échos, parfois vifs, parfois incertains, et c’est dans leurs écarts que peut se glisser un regard personnel. Chacun y trouvera ce qu’il est prêt à voir.
Ce livre est une proposition. Un geste qui laisse au hasard, à la mémoire et à l’intuition la place nécessaire pour que quelque chose advienne. Les images composent ensemble un récit qui n’appartient à personne et qui, peut-être, commence à peine.
Ici, le vide devient possibilité.
Ici, l’image garde ouverte sa propre énigme.
Ici, il n’y a pas de titre—
seulement un espace à habiter.